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Hercules – Theatre Royal Drury Lane, Londres (2026)

par Kéké
dans Articles, Spectacles musicaux
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Hercules - Theatre Royal Drury Lane, Londres (2026)

15 Juin 2026 – Hercules – Theatre Royal Drury Lane, Londres (2026)

Je profite d’un séjour pro à Londres pour écumer les salles du West End. Et après Mon Voisin Totoro la veille, je ne pouvais pas rater Hercules. L’an dernier, le timing était mauvais et je n’avais pas pu le caler dans mon planning ; cette fois, c’était ma priorité absolue. J’étais excité car je m’étais offert une place parfaite mais j’ai vite déchanté en arrivant dans le théâtre qui puait la pisse de chat et dont le public semblait tout droit sorti de la Cour des Miracles 😅 Voilà, comme ça, vous aussi vous êtes dans l’ambiance. La comédie musicale elle a vu le jour en 2019 à New York, a été revue dans le New Jersey, a fait un détour par l’Allemagne, et occupe maintenant le Theatre Royal Drury Lane à Londres depuis juin 2025 pour une série de shows qui s’achèvera en septembre 2026. Autant dire un parcours… compliqué.

Contrairement à beaucoup de Disney des années 90, Hercules n’est pas un film que j’ai découvert enfant. Je pense que j’étais déjà un peu trop grand à sa sortie et je suis passé à côté. Je l’ai vu plus tard, et j’avais trouvé ça plutôt cool et différent. Pour ceux qui auraient besoin d’un petit rafraîchissement, l’histoire est assez simple. Zeus et Héra présentent leur fils Hercules à l’Olympe. Hadès, venu rendre visite à son neveu, apprend qu’une conjonction planétaire lui permettra de libérer les Titans et prendre la place de Zeus, à condition qu’Hercules ne se mette pas en travers de son chemin. Il ordonne donc son assassinat ; les sbires ratent la mission et privent juste le bébé de son immortalité. Adopté par un couple de mortels, le jeune homme devient un ado fort, mais un peu pataud. Il part à la recherche de ses origines, rencontre les Muses qui lui narrent sa destinée, s’entraîne avec Phil, tombe amoureux de la sarcastique Meg et finit par affronter Hadès pour sauver l’Olympe.

Hercules - Theatre Royal Drury Lane, Londres (2026)

Sur le papier, tout est donc là pour faire un grand spectacle. Sur scène, c’est plus compliqué. L’intrigue suit assez fidèlement le film, mais fait l’impasse sur des éléments emblématiques : Pégase, les Titans et surtout la chevelure bleue enflammée d’Hadès Pour la magie, Disney a dit : circulez, il n’y a rien à voir ! 🫷 Le livret signé Robert Horn et Kwame Kwei‑Armah mélange mythologie et culture américaine contemporaine. Certaines séquences, comme « Zero to Hero », se transforment en parades façon NFL, majorettes incluses. De plus, le show veut tout le temps être drôle ; du coup, il ne l’est pas. J’ai ressenti ce côté “one note” dès le départ : on monte à 110 % avec l’ouverture des Muses et on reste sur cette intensité sans véritable crescendo ni moment suspendu. Même la romance entre Hercule et Meg est expédiée. Quand ils se serrent dans les bras, un silence de plomb plane dans la salle – aucun frisson, aucun soupir collectif. Il n’y a aucune connexion ni aucun sentiment de connivence qui se crée avec le public, et j’ai trouvé ça dommage.

Alan Menken revisite sa partition originale avec des orchestrations gonflées et des influences gospel, Motown et funk. Les Muses dépotent : ce sont les stars de la soirée : leurs harmonies donnent des frissons. La bande-son est néanmoins assez répétitive : passé le premier numéro, on devine assez facilement la structure des suivants. J’aurais aimé plus de variété et quelques surprises pour souffler. Mon coup de cœur reste « Zero to Hero » en fin d’acte I : c’est un vrai beau tableau de comédie musicale, coloré et euphorisant. Les autres chansons, dont le célèbre « I Won’t Say (I’m in Love) », sont agréables, mais elles ne m’ont pas donné envie de réécouter l’album du cast en sortant. Contrairement au Roi Lion ou à La Reine des Neiges, les mélodies ne s’impriment pas durablement.

Hercules - Theatre Royal Drury Lane, Londres (2026)

La mise en scène de Casey Nicholaw est ultra‑rodée, presque trop : ça file droit, ça explose de couleurs, mais ça manque de surprise. La scénographie repose surtout sur un écran LED et huit colonnes grecques mobiles qui transforment l’espace en un clin d’œil. Les projections vidéo peignent l’Olympe, Thèbes ou l’Underworld, tandis que quelques décors physiques – le temple de Zeus, une Hydre, une gigantesque marionnette d’Hadès lors du combat final – ponctuent la soirée. Le tableau d’ouverture à l’Olympe, baigné de doré, est splendide ; le final du premier acte inonde la scène de couleurs, costumes flashy et paillettes. Pourtant, j’ai souvent trouvé que l’ensemble faisait vide : de la vidéo partout, peu d’effets spéciaux et de magie. C’est là que la comparaison avec les autres spectacles Disney devient inévitable. Le Roi Lion reste évidemment très au-dessus, avec une vraie vision et une poésie folle. Frozen m’avait aussi beaucoup plus impressionné, notamment grâce aux effets spéciaux et à la façon de matérialiser la glace. Hercules, lui, se situe plutôt du côté d’Aladdin. Agréable, coloré, efficace, mais jamais exceptionnel.

Le point fort, ce sont les costumes. La garde‑robe est camp et extravagante. Les Muses enchaînent les métamorphoses : robes de gospel, tenues de majorettes, ou encore plastrons façon Tina Turner dans Mad Max 😍 En revanche, Hadès perd sa flamboyante crinière bleue du film pour une redingote rouge et une mèche blanche. On dirait plus un Jafar bis que le tout puissant seigneur des Enfers : blasé et je-m’en-foutiste, mais pas vraiment dangereux. J’attendais aussi le moment où il allait exploser et devenir rouge de colère comme dans le film, mais là encore, rien. Globalement, les costumes restent malgré tout l’un des points forts du show.

Hercules - Theatre Royal Drury Lane, Londres (2026)

L’ensemble compte une trentaine d’artistes. Comme je l’ai déjà dit plus haut : Les Muses sont les vraies vedettes. Elles portent l’intrigue et électrisent la salle tout le long du spectacle. Candace Furbert et Malinda Parris sont impressionnantes : les autres semblent toutefois s’économiser… Il y en a même une qui ne finissait pas certains mouvements pendant les chorégraphie. Dans un show Disney, ça m’a un peu halluciné. Je sais qu’il faut de l’endurance pour tenir le spectacle, mais justement, on parle d’Hercules. Ce n’est pas la kermesse de fin d’année de l’école primaire d’Étang-sur-Arroux. Luke Brady incarne un Hercule naïf et sportif, mais un peu lisse. Sa grande ballade du premier acte est joliment chantée, mais elle manque de relief, d’autant plus que je n’ai pas forcément aimé sa voix. Mae Ann Jorolan, en Meg, a le charisme qu’il faut, mais l’écriture de son personnage l’empêche de briller et de montrer une autre facette de sa personnalité. Stephen Carlile, en Hadès, s’en sort plutôt bien. C’est clairement la caution humoristique du spectacle, mais au final, il est plus nonchalant que méchant. Ça réduit la tension et les enjeux.

Et au final, l’alchimie ne prend pas toujours. Les scènes défilent à un rythme effréné, la romance Hercules/Meg tombe à plat et, excepté les ovations pour les Muses, on sent que le public peine à se laisser embarquer. C’est un divertissement familial efficace, mais ça manque d’âme et de magie. Un comble pour une comédie musicale signée Disney.

Hercules - Theatre Royal Drury Lane, Londres (2026)

Malgré mes critiques, je n’ai pas de regrets d’avoir assisté à ce Hercules londonien, surtout avant sa fermeture de septembre 2026. C’était coloré, bourré d’énergie et malgré tout divertissant. Les Muses justifient à elles seules le déplacement, et certains tableaux en mettent plein la vue. Mais j’attendais plus de magie d’un Disney. La mise en scène repose trop sur l’écran et l’émotion reste en surface. Je serais curieux de lire les critiques pour voir si je suis le seul à être resté un peu sur ma faim. Mais franchement je ne pense pas. Le spectacle n’est pas raté, loin de là, mais il est trop facile. Il y avait tellement plus à faire avec cet univers et ces personnages.

Si vous adorez le film ou si vous cherchez un spectacle familial sans prise de tête, foncez. Si vous espérez la claque artistique du Roi Lion, vous pourriez rester sur votre faim. N’hésitez pas à partager vos impressions en commentaires et à me rejoindre sur les réseaux sociaux Facebook, X et Instagram pour d’autres aventures scéniques. Et si vous aimez les comédies musicales, il y a encore plein d’artistes et de spectacles à découvrir sur le blog en cliquant ici : #Broadway.

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Extraits « Hercules »

Tags: 2026BroadwayComédie MusicaleHerculesLondresTheatre Royal Drury Lane
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