
16 Avril 2026 – The Lost Boys – Palace Theatre, New York (2026)
Je ne connaissais pas du tout « The Lost Boys ». J’y suis allé vierge de toute référence, et c’est peut-être la meilleure façon d’aborder ce nouveau musical, arrivé au Palace Theatre fin mars 2026. Derrière cette production colossale, on retrouve Michael Arden à la mise en scène (deux Tony Awards au compteur, notamment pour « Parade » et « Maybe Happy Ending ») et un livret signé David Hornsby. La musique est l’œuvre du groupe de pop-rock indé The Rescues, qui signe ici son tout premier projet à Broadway. Cinq ans de travail et plus de 50 chansons composées avant d’arriver sur scène… rien que ça.
L’histoire suit Lucy et ses deux fils, Michael et Sam. La famille quitte Phoenix (Arizona) pour s’installer à Santa Carla, en Californie. Nouvelle ville, nouvelle vie… sauf que Santa Carla porte très bien son surnom de capitale mondiale du meurtre 🔪 Sous ses plages et ses néons, la ville grouille de vampires. Michael, l’aîné, fait une mauvaise rencontre sur la plage, et une course contre la montre s’engage : il faut le sauver avant que sa transformation ne devienne irréversible…

J’ai trouvé le livret vraiment bien écrit. L’histoire est claire, rythmée, et on identifie très vite les personnages. L’humour est bien dosé, sans jamais casser la tension, qui monte progressivement tout au long du spectacle. La comparaison avec « The Outsiders » m’est venue assez naturellement : on retrouve cette même énergie de bande, avec en plus une touche de surnaturel et un humour plus présent. Seul petit bémol, le dénouement manque un peu de souffle épique. Le spectacle promet quelque chose de plus grand, et le final paraît presque… facile. Mais dans l’ensemble, ça reste une vraie réussite 👏 L’histoire réussit à rester contemporaine et à élever le show au-delà de la simple adaptation.
La bande originale des Rescues est, elle aussi, une très bonne surprise. On est sur une pop-rock aux influences années 80 assumées, avec des mélodies qui accrochent immédiatement. Ça faisait longtemps que je n’avais pas été embarqué à ce point par les chansons d’un musical original. La balance entre les ballades et les morceaux rythmés est super bien gérée je trouve et certains passages restent en tête bien après la sortie. « My Heart With You », en version chorale a cappella, est magnifique. Et « Wild » m’a aussi beaucoup plu. Clairement, j’achèterai l’album dès sa sortie.

Le décor est MONUMENTAL 😱 Trois étages, tout en hauteur, une quantité impressionnante d’éléments mobiles, et pas le moindre écran : tout est physique, mécanique. L’univers industriel – tuyaux, structures métalliques – se transforme en permanence pour nous balader de la plage au vidéo-club, des souterrains à la rue. La maison familiale descend du plafond sur une plateforme, la tanière des vampires surgit des profondeurs de la scène… c’est hyper spectaculaire. La séquence d’ouverture dans les souterrains est très cinématographique. Il y a aussi ce moment sur un pont, où les vampires se suspendent avant de se jeter dans le vide… l’illusion est parfaite et les frissons, garantis. Et petit bonus : quelques jump scares bien placés, assez rares à Broadway, qui prennent toute la salle par surprise.
Les lumières sont du même niveau, notamment sur les séquences de vol. Parce que oui, les vampires volent. L’effet est saisissant, les numéros de voltige donnent une vraie sensation de surnaturel, même si les câbles restent parfois visibles. Côté costumes, on est sur une fusion années 80 / punk gothique. C’est lisible, immédiat, et surtout très efficace.

Il y a un gros cast sur scène. LJ Benet incarne Michael avec une intensité qui porte clairement le spectacle : il est crédible en ado rebelle, et vocalement il s’en sort bien. Face à lui, Ali Louis Bourzgui campe un David charismatique et mystérieux, dont la séduction opère naturellement : je dirais que c’est mon préféré côté masculin. Mais mes vrais coups de cœur vocaux viennent du côté féminin. Shoshana Bean, dans le rôle de Lucy, a une voix absolument extraordinaire. Et Maria Wirries, en Star, est saisissante dans les balades 🥰 Petite mention spéciale aussi pour le sax guy… wink wink.
La réaction du public était massive. Applaudissements nourris tout au long du spectacle, avec plusieurs moments proches de la standing ovation. Les gens avaient l’air sincèrement ravis, il y avait une vraie énergie dans la salle. Une seule réserve : le Palace Theatre est une torture pour les grandes jambes. J’étais bien placé en mezzanine, et j’ai quand même fini avec des crampes. Si vous êtes grand, préparez-vous !

The Lost Boys est une vraie réussite 💗 C’est un show ambitieux porté par une bande originale remarquable, une scénographie époustouflante et une distribution vocalement hors norme. Pour un spectacle découvert sans aucune référence préalable, j’en suis sorti ravi ! C’est le genre de musical dont on ressort avec l’envie d’en parler et surtout l’envie d’y retourner. On verra si les critiques sont d’accord avec moi mais je pense que ça sera l’un des événements de la saison.
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Extraits « The Lost Boys »
