
20 Octobre 2026 – Hamilton – Richard Rodgers Theatre, New York (2026)
Cinq ans après ma première visite au Richard Rodgers Theatre, me voilà de retour pour Hamilton ! J’avais adoré le spectacle en 2021, mais j’étais installé tout au fond de la salle. Cette fois, changement radical de perspective : j’ai remporté la loterie et décroché une place à 10 $ au premier rang, en plein centre ! 🎟️ Ça faisait des années que je participais à la loterie sans jamais gagner ! J’étais vraiment ravi de revoir le spectacle et curieux de découvrir tout ce qui m’avait échappé la première fois. Et je n’ai pas été déçu !
Pour ceux qui ne connaissent pas encore le phénomène, Hamilton raconte l’histoire d’Alexander Hamilton, un immigré venu des Caraïbes qui devient l’un des pères fondateurs des États-Unis et le premier secrétaire au Trésor du pays. De la Révolution américaine à ses rivalités politiques, en passant par ses amours et son duel avec Aaron Burr, on suit le destin d’un homme brillant, dévoré par l’ambition et parfois franchement insupportable. Sur le papier, ce n’est pas forcément le sujet le plus sexy pour une comédie musicale. Mais Lin-Manuel Miranda a réussi à en faire un spectacle passionnant et bourré de tubes.

Ce qui me fascine toujours autant dans Hamilton, c’est l’intelligence de son écriture. Les dialogues se transforment en battles de rap, tandis que les références historiques s’enchaînent à toute vitesse. Le spectacle est presque entièrement chanté, avec un débit parfois hallucinant. D’ailleurs, petit avertissement pour les francophones : même avec un bon niveau d’anglais, il est facile de manquer des détails. Je conseille vraiment de connaître les grandes lignes de l’histoire avant d’y aller. Pas besoin d’avoir fait une thèse sur la Révolution américaine, mais quelques repères aident à apprécier les nombreuses références.
Musicalement, c’est brillant. Le hip-hop et le R&B côtoient la soul, la pop et les codes de Broadway avec une facilité déconcertante. J’aime particulièrement « Wait for It », qui dévoile toute la tension intérieure de Burr. « The Room Where It Happens » est un formidable numéro d’ensemble, tandis que « Who Lives, Who Dies, Who Tells Your Story » me bouleverse à chaque fois. Les mélodies sont magnifiques et les morceaux s’enchaînent sans jamais casser le rythme. Même les ballades ne sont pas chiantes – et pourtant, à Broadway, ce n’est pas gagné d’avance ! 😅 Les effets sonores, notamment pendant les duels, s’intègrent parfaitement à la partition. C’est aussi ce qui rend le spectacle si intelligent musicalement : chaque détail participe à l’histoire.

La mise en scène est une autre petite merveille. Pas d’écrans géants ni de décors qui changent toutes les cinq minutes : quelques escaliers, des passerelles et du bois suffisent à recréer l’Amérique de la fin du XVIIIe siècle. Les danseurs déplacent les éléments du décor tout en incarnant la foule. Tout s’enchaîne avec une fluidité impressionnante. Au centre, les deux plateaux tournants permettent des déplacements et des effets visuels assez géniaux. La séquence de « Satisfied », où l’on rembobine littéralement une scène pour la revivre du point de vue d’Angelica, reste l’un de mes moments préférés. Même si, depuis le premier rang, on en saisit moins bien l’ensemble que depuis la mezzanine ou le balcon, l’effet reste impressionnant. 🤯 Les éclairages transforment aussi constamment l’ambiance sans jamais en faire trop.
Depuis le premier rang, j’ai pu profiter des costumes de Paul Tazewell dans leurs moindres détails. Les coupes des robes et des uniformes sont superbes, avec un contraste très réussi entre les tenues plutôt neutres de l’ensemble et celles, plus travaillées, des personnages principaux. J’aime beaucoup cette esthétique qui évoque le XVIIIe siècle sans donner l’impression de visiter un musée. Rien ne paraît figé ou poussiéreux, et c’est justement ce qui rend le spectacle aussi beau. À quelques mètres des comédiens, pas un détail ne semble laissé au hasard. Les finitions sont bluffantes.

Côté distribution, Donald Webber Jr. m’a particulièrement impressionné dans le rôle d’Aaron Burr. Quelle voix ! Et quelle présence ! Son regard et sa gestuelle racontent presque autant de choses que les chansons. Christopher Jackson, de retour dans son rôle original de George Washington, a déclenché une salve d’applaudissements à deux doigts de la standing ovation. Marcus John est un très bon Hamilton, même si j’ai trouvé sa voix un peu en retrait au début. Lauren Mariasoosay et Lencia Kebede sont magnifiques en Eliza et Angelica. Jarrod Spector, lui, est hilarant en King George, avec sa voix légèrement aiguë et ses mimiques absurdes. Seul Simon Longnight, en Lafayette/Jefferson, m’a un peu moins convaincu : sa diction m’a gêné, tout comme sa voix parfois trop aiguë. Dommage, j’aurais vraiment aimé accrocher car je n’avais déjà pas aimé ce personnage en 2021.
Mais ce qui m’a surtout marqué, c’est l’énergie et la cohésion de la troupe. J’ai préféré cette distribution à celle de 2021 : tout m’a semblé plus vivant. Le public était super enthousiaste, et la fin m’a complètement achevé ! À partir de la mort de Philip, puis pendant « It’s Quiet Uptown », j’ai eu les larmes aux yeux jusqu’au dernier tableau. Difficile de ne pas se projeter dans la douleur de parents qui perdent leur enfant. Depuis ma place, je voyais les larmes couler sur les visages des comédiens. Ce niveau de détail dans le jeu, j’avais rarement vu ça. 🥹

Au final, je trouve toujours Hamilton irréprochable. J’avais déjà adoré le spectacle en 2021, mais l’avoir revu m’a permis d’en mesurer encore davantage la richesse. Au premier rang, on perd parfois la vue d’ensemble des chorégraphies, mais on découvre les expressions des comédiens et tous ces petits détails qui rendent la mise en scène si réussie. Plus de dix ans après sa création, Hamilton reste pour moi l’une des grandes réussites de Broadway. Si vous aimez les comédies musicales, foncez !
Petit clin d’œil du calendrier : j’ai revu Hamilton le jour même de la mise en vente au grand public des billets de Warriors, la nouvelle comédie musicale de Lin-Manuel Miranda. Et puisque Donald Webber Jr. fait également partie de cette aventure, je suis encore plus excité à l’idée de la voir ! En attendant, vous pouvez retrouver mes autres comptes rendus de spectacles sur le blog. Et si vous avez vu Hamilton sur scène ou grâce à sa captation officielle, venez me dire ce que vous en avez pensé en commentaire ou sur les réseaux sociaux ! 🎭
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